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Le courage de dire, la volonté de faire

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Turquie Européenne : une absurdité !

Quand le CNI parle de l'Europe, ce n'est pas du Dati ! Stéphane Buffetaut qui sera en numéro deux de la liste CNI " Pour une Europe Utile" aux côtés d' Annick du Roscoät notre présidente, avec l'ensemble de nos amis respectent ceux qui les écoutent et les électeurs.


Si la Turquie devenait un Etat membre de l’Union européenne, celle-ci aurait des frontières communes avec l’Iran, l’Irak et la Syrie. Le simple énoncé de ce fait souligne l’absurdité du projet. Comme le Président de la République l’avait remarqué « si la Turquie était en Europe, çà se saurait ». Ce constat de bon sens suffit à rendre caduque tout projet d’adhésion et il n’est guère besoin de chercher des raisons plus ou moins alambiquées de dire non.

Notons cependant qu’il est curieux pour un Etat de poser sa candidature pour entrer dans une association politique et économique de nations tout en refusant de reconnaître l’une d’entre elle, Chypre, dont, de surcroît, on occupe une partie du territoire en violation totale du droit international le plus élémentaire.

Il est également surprenant de constater que bien des Etats membres et de responsables politiques intransigeants avec toute forme de négationnisme sont prêts à accueillir d’un cœur léger un pays qui pratique le négationnisme d’Etat en ce qui concerne le génocide arménien.

On peut également rappeler que la déclaration des droits fondamentaux et toutes les déclarations des droits de l’Homme proclament le droit à la liberté religieuse, or celle-ci est plus que malmenée en Turquie en ce qui concerne les chrétiens. Ainsi le séminaire orthodoxe de Halki, le seul qui existait encore en Turquie, a été fermé par une décision arbitraire du gouvernement turc dans les années soixante et n’a toujours pas été autorisé à rouvrir !

Quant aux conséquences financières et économiques  d’une éventuelle adhésion, il convient aussi de s’y arrêter. Une étude diligentée à la demande de la Commission il y a deux ans avait conclu, qu’à réglementation constantes des fonds de cohésion et de développement régional, la Turquie consommerait à elle seule 40% du budget de l’Union européenne.

La question démographique mérite aussi intérêt. La Turquie a plus de 72 millions d’habitants, dont 26% ont moins de 15 ans. Ce qui signifie qu’elle aurait parmi les plus fortes représentations au Parlement européen et parmi le plus grand nombre de voix au Conseil des ministres, ce qui, pour une nation non européenne serait quelque peu paradoxal. Il est également intéressant de noter que 46,6% de cette population est paysanne, ce qui ne serait pas sans conséquences pour l’agriculture européenne.

La Turquie c’est aussi le problème difficile des minorités, notamment la question des 12 millions de Kurdes et de la minorité arménienne trop souvent encore victime d’attentats ciblés. Voulons-nous réellement importer ces conflits dans l’Union européenne ?

Il convient donc de raison garder. La Turquie est une grande nation qui possède une riche civilisation non européenne. On nous dit qu’elle a été, dans son histoire, européenne. Certes, comme la France a été africaine ou la Grande Bretagne indienne. Oui la Turquie a été en Europe mais elle n’est pas d’Europe.

Elle a aussi été une fidèle alliée du bloc occidental durant la guerre froide. Comme le Japon ou Israël, mais pour autant cela ne donne pas un droit à devenir membre de l’Union européenne.

Lors de son récent passage en Turquie le Président Obama a déclaré que celle-ci devait avoir le droit de vendre ses abricots en Europe. Mais justement, le problème n’est pas de créer une zone de libre échange mais une coopération politique, humaine, culturelle et économique cohérente. Et la définition du  périmètre de l’Union européenne regarde les gouvernements et les peuples européens, pas le gouvernement des Etats-Unis.

 

Il convient donc de sortir du malentendu. Le peuple turc est un grand peuple qui mérite le respect. Il ne convient pas de le leurrer mais il a droit à la franchise et à la vérité. Les peuples européens ne sont pas favorables à l’adhésion de la Turquie, ils ne veulent pas d’une Union européenne non définie géographiquement et s’étendant jusqu’au Moyen Orient. Non l’avenir n’est pas dans l’adhésion de la Turquie mais dans un partenariat privilégié et particulier. Il faut donc en tirer les conséquences, c'est-à-dire arrêter les négociations d’adhésion et ne plus ouvrir de nouveaux chapitres mais au contraire convertir ces discussions en négociations pour bâtir un partenariat privilégié.

 

Ni la Turquie ni l’Union européenne n’ont intérêt à rester dans l’ambiguïté. Sortons-en !

 

 

Stéphane Buffetaut

Secrétaire national aux affaires européennes du CNI

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