Le courage de dire, la volonté de faire
Pour moi Jacques Tati, c’est «jour de fête», un film que j’aivisionné des dizaines de fois et que je conserve en cassette pour quelques tristes soirées d’hiver.
Je garde pour cet homme de cinéma, peu reconnu en son temps, une place de choix dans mes souvenirs cinématographiques. J’ai aimé en lui son œil observateur, une certaine naïveté alors qu’il fut un réalisateur d’avant-garde plein de talent tourné vers le ''modernisme'' que laissait entrevoir les années 60.
Il est regrettable qu’une société publique, de l’envergure de la RATP accepte de défigurer l’image d’un homme entré de plein pied dans notre patrimoine culturel. La pipe comme le chapeau, le nœud papillon et l’imperméable font avec sa raideur et ses gestes saccadés un ensemble qui fait la silhouette inoubliable de Jacques Tati.
Cette peur d’un certain comportement dicté par la pensée unique et le politiquement correct fait partie d’une certaine révolution culturelle sourde, qui sévit chez nous comme dans de nombreux pays du monde occidental. Sous prétexte de chasse au tabac, en ce début du vingt et unième siècle, il faut nier le rôle essentiel du tabac, mais aussi de la cigarette, dans la vie et dans le cinéma de l’après guerre. Et pourtant ils font partie de notre culture.
C’est du même tabac (oh ! pardon) que ceux qui passent leur temps à trouver dans notre histoire de quoi l’on pourrait bien régulièrement se repentir ! Triste temps !
Le Figaro, sur internet a consacré un article à cette affaire, je vous le communique avec plaisir.
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Au nom de la loi Evin, la régie publicitaire de la RATP a voulu amputer le personnage de M.Hulot de sa pipe sur les affiches de l'exposition de la Cinémathèque. Celle-ci s'est «vengée» en l'affublant d'un petit moulin à vent..
«Tati sans sa pipe, c’est comme Chaplin sans son chapeau !», clame-t-on du côté de la Cinémathèque française, organisatrice de l’exposition consacrée au réalisateur Jacques Tati. En réaction à la volonté de Métrobus, régie publicitaire de la RATP, de faire disparaître des affiches de l’exposition la pipe de M.Hulot, célèbre personnage du réalisateur, la Cinémathèque a décidé de lui fournir des affiches où est ajouté un grossier moulin à vent jaune en lieu et place de la cultissime pipe. «Un ajout ridicule pour une censure ridicule», explique-t-on à la Cinémathèque.
La régie publicitaire souhaitait en effet censurer la pipe au nom de la loi Evin qui, depuis 18 ans maintenant, interdit toute publicité directe ou indirecte pour l’alcool et le tabac. «Notre service juridique a estimé que l'affiche était contraire à la loi. Nous avons déjà fait modifier plusieurs campagnes de ce type quand une boisson alcoolisée était mise en avant. Pourquoi ferait-on autrement lorsqu'il s'agit du tabac?», a expliqué jeudi Métrobus-bus
Malraux et Sartre ont déjà subi le même sort