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Le courage de dire, la volonté de faire

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Un député UMP reprend sa liberté de penser et d’agir !

 

J’ai beaucoup hésité a publié la lettre qui suit en raison d’un conflit qui nous opposa au député – maire de Bergerac ( Dordogne)  Daniel Garrigue. En effet lors des municipales du printemps dernier, le CNI - Bergerac avait décidé de participer aux élections municipales sur une liste divers droite à côté de celle du maire sortant, menée par ce même Daniel Garrigue. Ce dernier avait fort mal pris notre décision et avait, son caractère entier aidant, violemment attaqué le CNI et ma personne en particulier car j’avais en qualité de secrétaire général apporté le soutien de notre parti à cette liste « dissidente » (comme disent les responsables UMP quand on veut voler de nos propres ailes, c’est à dire agir en parti politique militant, pour défendre nos valeurs et nos idées, en participant aux élections qu’elles soient locales ou nationales !) Daniel Garrigue ne retrouva pas sa mairie, pas par la faute de la liste où figurait le CNI, mais surtout par un manque de large union au deuxième tour.

 

A la réflexion je vais vous livrer l’essentiel, sans entrer dans le débat interne à l’UMP,  de cette lettre de démission de l’UMP et du  groupe à l’assemblée nationale, du député Daniel Garrigue, car en fait à quelques virgules près, les raisons qu’il invoque sont celles que nous  dénonçons  depuis quelques années déjà !

 

Ne cachons pas notre plaisir qu’un parlementaire, pas particulièrement de nos amis  reconnaisse, après nous avoir violemment condamné, que nous avions eu raison avant lui !

 

Une précision, cet acte politique qui ne manque pas de courage fait suite à une magouille bien orchestrée par des proches du château lors d’une élection interne à l’UMP au cours de laquelle le député Garrigue ne retrouva pas sa présidence de la fédération UMP-Dordogne ! N’épiloguons pas, contentons nous des faits !

 

 

«  … Bergerac, le 08/12/2008

Monsieur le secrétaire général,

J’ai appartenu depuis 1974 à l’UDR et depuis 1976 au RPR. Contrairement à ce que l’on entend dire parfois, ces formations politiques n’étaient pas des partis de "godillots", mais des mouvements où il y avait un débat permanent et où l’on appréciait particulièrement les hommes et les femmes qui avaient suffisamment de caractère pour demander des remises en question ou pour exprimer leur désaccord.

Lors des conseils nationaux, tous avaient la liberté de s’exprimer. Je me souviens particulièrement d’un conseil national de 1998 où, lorsque je suis descendu de la tribune, un vieux monsieur s’est levé et m’a dit:

"J’avais l’intention de prendre la parole. Mais vous venez de dire ce que j’avais envie de dire. Il n’est donc pas nécessaire que j’intervienne."

Ce vieux monsieur, c’était Maurice Schumann et il est mort quelques semaines plus tard. Je n’étais même plus élu, mais j’exprimais des idées et des convictions. Cela suffisait dans le compagnonnage du mouvement gaulliste.

En 2002, nous avons créé l’UMP et je suis de ceux qui y ont été favorables parce que je pensais qu’à l’heure de l’Europe, il était important d’avoir une grande formation capable de réunir des gens qui venaient de sensibilités différentes, mais qui avaient pris l’habitude de travailler ensemble. Toutefois, compte tenu de ces différences de sensibilité, la condition de la réussite, c’était qu’il y ait un débat permanent à l’intérieur du mouvement.

Ce débat, nous l’avons eu jusqu’en 2004, aussi longtemps qu’Alain Juppé a assuré la présidence de l’UMP, et sur des sujets aussi divers que la laïcité, l’environnement ou la construction de l’Europe. Lors qu’Alain Juppé a dû malheureusement se retirer, nous avons fait confiance à Nicolas Sarkozy.

Ce changement a été désastreux car nous avons perdu et la supériorité intellectuelle d’Alain Juppé et le débat lui-même. Le mouvement n’est plus devenu qu’une simple machine électorale qui a, certes, remarquablement fonctionné jusqu’aux présidentielles de 2007. Depuis lors, ce n’est plus qu’un ectoplasme de mouvement politique d’où le débat a été totalement évacué et où les conseils nationaux ne sont plus que le prétexte à des joutes oratoires sans grandeur entre le secrétaire général et ses adjoints, qui sont en même temps ses rivaux.

Le seul espace de débat qui demeure est le groupe UMP de l’Assemblée nationale, pour beaucoup grâce à la détermination et au courage de son président, Jean-François Copé.

Depuis les élections présidentielles, et particulièrement ces derniers mois, j’ai été conduit à exprimer des divergences sérieuses avec le président de la République et avec le mouvement, …. »

« …La vérité, c’est que, dans ces régions, où nous nous sommes implantés derrière le général de Gaulle, derrière Jacques Chaban-Delmas et derrière Jacques Chirac, le discours néo-libéral et atlantiste du président de la République ne passe pas. Le minimum serait, s’il y avait une possibilité de débat à l’UMP, que nous puissions exprimer notre sensibilité, y compris lors des discussions au Parlement. Mais la volonté de mettre au pas un parti qui regroupe pourtant plusieurs familles politiques aux fondements bien distincts interdit le débat qui serait salutaire... »

 

« …Malgré ces divergences profondes, je n’avais pas été jusqu’à envisager de quitter l’UMP et le groupe UMP. A cause de l’ancienneté de mon engagement. Parce que j’y ai beaucoup d’amis. Parce que, je l’ai déjà dit, le groupe a su préserver un espace de débat, limité mais réel. Parce que quand on est engagé aussi fortement dans une formation politique, on espère toujours, malgré tout, y influencer le cours des idées… »

 

« …Ainsi que je vous l’ai annoncé lors de la réunion du bureau du groupe du mardi 2 Décembre, je n’ai plus de raison de rester ni à l’UMP, ni au groupe UMP.

Comme je l’ai déjà annoncé aux militants de la 2ème circonscription et aux médias locaux, je vous adresse donc officiellement ma démission de l’UMP et du groupe UMP.

Je ne fais pas carrière. Je fais de la politique. Je défendrai jusqu'au bout mes convictions gaullistes, sociales et européennes…. »

 

 

 

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G
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