Le courage de dire, la volonté de faire
Je pense qu'il faut permettre à une majorité de se dégager. La multiplication des partis à l’Assemblée Nationale serait un facteur de déstabilisation .
Que faire avec les partis disposant d' un socle électoral sérieux mais n' étant pas-ou presque-représentés au Parlement ?
Vous faites allusion au Modem et au Front national . Mais vous savez parfaitement que le Parlement n' est pas l'unique moyen d' expression pour un parti politique !
Il est vrai qu'il leur reste la rue et toutes les violences qu'elle peut impliquer.
Cela concerne surtout l' extrême gauche. Et je vous concède que lorsque l'on voit Olivier Besancenot chez Michel Drucker, on peut se demander pourquoi Jean-Marie Le Pen n'y est pas invité ! Dieu sait que je ne suis pas lepéniste, mais ce serait logique ! Je pense que pour ce genre de partis, il serait envisageable de glisser une dose homéopathique de proportionnelle, pour trente ou quarante députés, par exemple... L’important étant qu'ils ne puissent pas empêcher une majorité de se dégager pour faire fonctionner le pays.
Le CNI est dégagé de ses liens directs avec l' UMP. A l' avenir, vous pourriez être victime de cette absence de proportionnelle !
Je ne l' ignore pas. Vous pouvez donc constater que je ne cherche pas à nuire à des concurrents politiques ! Je pense avant tout au bon fonctionnement des institutions.
Le CNI a obtenu la création du référendum d' initiative populaire... Mais pas du tout sur le modèle suisse !
Il faut effectivement qu'il soit décidé par un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs.
Cela signifie que les partis non représentés ne peuvent pas lancer un appel direct aux citoyens.
Là encore, je pense qu' il est indispensable d' encadrer ces démarches. La France n' est pas la Suisse. Je suis sceptique sur l' importation réussie d' un tel modèle chez nous. Notre modèle de référendum permettra de laisser l'exécutif seul maître des choix référendaires à proposer ; et évitera le côté un peu impulsif, qui pourrait conduire n' importe quel mécontent à lancer des sujets dans le seul but de mettre à mal le gouvernement. A terme, cela nuirait à la démocratie.
Que pensez-vous de la volonté de Nicolas Sarkozy de s' exprimer une fois par an, à Versailles, devant le Parlement réuni en congrès?
Et faudra-t-il que l' on porte des perruques blanches ? Non mais je hurle !
Cela coûte une fortune d' organiser ce genre de réunion: des centaines de milliers d'euros. Pourquoi ne pas organiser de grandes visioconférences ? Nous sommes en 2008 ! Sans compter l’image que cela représente : les parlementaires obligés de se déplacer à Versailles pour aller écouter le chef de l' Etat ! C’est est un peu trop « old fashion », si je puis dire. Nous sommes dans un régime parlementaire. Le président de la République tente de s' arroger des droits qui ne correspondent pas à la nature de nos lois. Ne serait-ce que parce que le président que l'on ira écouter a la possibilité de dissoudre l' Assemblée !
Propos recueillis par Patrick Cousteau
(1) Que Christian Vanneste juge sur son blog : "...Intellectuellemnt sans consistance, idéologiquement sans mesure..."