Le courage de dire, la volonté de faire
Je suis resté assez perplexe en lisant une interview parue dans « Le Figaro Magazine » du 13.11.2007, sous la signature d’Aziz Zemouri. Perplexe dans un premier temps, assez rapidement indigné puis écœuré de lire cette réponse d’un ex – syndicaliste, William Voisin, âgé de 44 ans, agent de la Ratp depuis une quinzaine d’années qui a occupé plusieurs fonctions au sein de deux syndicats Unsa jusqu’en 2001 avant de créer Sud qu’il a quitté en 2006.
Cet agent de la RATP, ex – syndicaliste assure que, contrairement aux grévistes, certains représentants syndicaux de la régie des transports parisiens sont payés pendant les mouvements sociaux. Une déclaration d'actualité en cette période de grèves des transports qui empoisonnent la vie des français et des franciliens en particuliers depuis plus de 8 jours !
A la question du journaliste :
Vous êtes ancien de Sud-Ratp et de l’Unsa-Ratp, comment se gèrent les grèves à la Ratp?
Réponse du syndicaliste repenti ! :
Ils ont une bien curieuse façon de s’y prendre. Les syndicalistes qui appellent à la grève ne perdent pas une journée de salaire alors que le salarié gréviste voit son salaire amputé des jours de grève! Ce qui est extrêmement choquant. Notre syndicat nous demandait d’aller motiver les troupes sur les piquets de grève alors qu’on percevait, nous, notre salaire normalement. J’ai dénoncé ce principe à l’époque, on m’a demandé de me taire. Le pire, ces journées non travaillées mais payées sont financées, non par le syndicat lui-même, mais par le biais des fonds destinés au fonctionnement des comités d’entreprise. C’est moralement choquant : comment des syndicalistes peuvent-ils entraîner des collègues dans une grève sachant ce que cela va leur coûter alors qu’eux ne prennent aucun risque !
Quel merveilleux exemple du sens civique et du respect de l'égalité de la part de nos de nos responsables syndicaux ! Il est temps que les autorités de ce pays mettent, une bonne fois pour toute, leur nez dans les finances des syndicats et dans la gestion des gros comités d’entreprises, cela est bien pratiqué pour les partis politiques. C'est un serpent de mer qui réapparaît de plus en plus souvent dans l'actualité.
Un rappel, lors de son dernier bureau politique, le 7 novembre, le CNI a demandé à Gilles Bourdouleix , député – maire CNI de Cholet, de présenter à l'Assemblée, un projet de loi instituant un contrôle des financements et la gestion des syndicats à l'image de ce qui est fait pour les partis politiques.