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Le courage de dire, la volonté de faire

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Tous les partis majoritaires sont en difficulté.

 

« Tous les partis majoritaires sont en difficulté »

lundi 13 septembre 2010

Pour le politologue Dominique Reynié, le désamour que vit l'UMP serait le même pour le PS dans sa situation. Parce que presque toutes les décisions à prendre sont désagréables.

Côté majorité, qu'est-cequi a changé depuis 2007 ?

Il y a d'abord un événement mécanique : l'UMP est au pouvoir depuis 2002 sans discontinuité, il y a une fatigue majoritaire. Être le parti au pouvoir a des avantages ¯ puisque vous avez gagné ¯ et des inconvénients : la difficulté à maintenir la force de l'organisation et sa vitalité, parce que vous êtes en appui d'une politique qui suscite une large discussion, voire une opposition forte. La même chose arriverait au PS. Deuxièmement, en étant au pouvoir, il est plus difficile d'avoir un travail d'invention, de proposition que dans l'opposition. L'UMP fait la dure expérience du parti majoritaire.

Dure, quelle que soit la majorité ?

Nous sommes, pour très longtemps, dans un cycle historique où, pour des raisons de globalisation, de contraintes financières, de vieillissement démographique, les gouvernements, quels qu'ils soient, prennent des décisions qu'il faut prendre, mais qui sont douloureuses. Tous les partis majoritaires seront en difficulté parce qu'ils devront défendre des réformes presque toutes désagréables. L'UMP a un avantage parce qu'elle sait qu'elle a un candidat pour 2012, probablement le meilleur qu'elle peut avoir, qui lui évite de s'écharper.

Qu'est-ce qui a changé dans l'opposition ?

Il n'y a pas une exacte symétrie. Elle me semble être dans une position un peu plus compliquée qu'on ne le dit parfois. L'exacte symétrie, ce serait un Parti socialiste plein d'idées, un parti ressources et ça n'est pas le cas. Il y a des propositions, bien sûr. Sur les retraites, par exemple, ce serait un marché de dupes : on expliquerait aux Français qu'on a de nouveau le droit de partir à 60 ans, mais avec une décote très importante. Dire, partez pauvres, ce serait un droit pour les riches.

Mais on n'a plus le sentiment d'un parti au bord de l'implosion...

Le PS me semble s'être réordonné. Il y a une organisation, une patronne, Martine Aubry, des primaires pour réguler la compétition... C'est ordonné, ça fonctionne. Ils ont aussi le bénéfice d'une situation qui pèse sur le pouvoir. On peut imaginer qu'il y a un transfert - incomplet - de l'impopularité de Nicolas Sarkozy vers la popularité de l'opposition. Mais on retrouve une majorité de gens pour dire que la gauche au pouvoirne ferait pas mieux.

Qu'est-ce qui a changé dans le rapport entre opinion et politique ?

Ce qui change chaque jour davantage, c'est la conscience que l'opinion a de vivre dans un monde qui ni ne nous attend ni ne fonctionne selon nos critères. Cette contrainte pèse sur le PS. Les Français restent dubitatifs et seraient inquiets de confier le pouvoir en 2012 à des gens qui seraient fâchés avec le monde.

Si vous aviez à conseiller Nicolas Sarkozy, qu'est-ceque vous lui diriez ?

Je lui dirais de faire un gouvernement resserré UMP-Centre. Il a besoin de se réancrer dans son monde politique. Ensuite, il a besoin de construire un gouvernement avec beaucoup plus de poids lourds pour fédérer les droites et ne pas donner l'impression d'un Président seul. Sur le fond, ce serait à lui d'expliquer, en 2012, qu'il faut inscrire la France dans la situation planétaire.

Ce serait une bonne idée de remercier François Fillon ?

Personne n'a le sentiment qu'il a démérité. Donc ça nécessiterait une explication qui ne devrait pas être ratée. Il peut aussi le garder. Là, il serait obligé de changer profondément l'équipe gouvernementale pour renforcer l'idée d'une séquence nouvelle.

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