Le courage de dire, la volonté de faire
Dans cette dramatique affaire Laetitia sauvagement violée et assassinée près de Pornic en Bretagne, le présumé coupable, qui refuse toujours d’apporter des aveux et les motivations de son acte horrible, est un récidiviste, abonné aux séjours carcéraux, fraichement libéré.
Pas de veine p
our les magistrats qui ont pris l’initiative de mettre en liberté ce type d’individu, dangereux pour l’ensemble de nos concitoyens, car régulièrement la quasi-totalité de ces affaires dramatiques, qui choquent à juste titre les populations, se c oncluent par la mise en cause de ce type de détraqués, récidivistes et parfois multirécidivistes, libérés avant la fin de l’application des peines auxquelles ils ont été condamnés.
Je ne suis pas juge, et non spécialiste de la question, mais dans notre pays de droit, les élus, ce à tous les niveaux sont responsables devant leurs électeurs, alors pourquoi les juges chargés de l’application des peines ne seraient –ils pas associés, dans les cas de libération de ce genre d’assassins par à une sorte de jury populaire, qui participerait à la décision devant amener une libération.
Que le président de la république s’inquiète de la multiplication de ces dérives est de son devoir. A lui d'étudier avec le gouvernement et de légiférer avec le parlement sur le type de réforme à apporter, mais nous sommes aujourd’hui dans l’urgence.
Maintenant que les juges, mécontentes quand le chef de l'état tire le signale d'alarme et
leur parle de sanction, qu'ils se mettent en grève, n’est pas acceptable. Leur motivation est la même que pour tous les agents des services publiques accusés d’erreurs, le manque de moyens ! Consulter un dossier complet d’un individu avant sa libération parait un minimum de professionnalisme qui demande un peu de temps et surtout un peu de coscience professionnelle !......
Ci –dessous l’article que « lefigaro.fr » sous la signature de Flore Galaud publie ce soir. Je vous en souhaite bonne lecture.
BB............................
Laëtitia : Sarkozy veut
sanctionner les magistrats !...
Révoltés par leur mise en cause par le chef de l'Etat dans l'affaire du meurtre de Pornic, les juges nantais se sont mis en grève jusqu'à jeudi prochain. Ils envisagent une action nationale.
«Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. Ceux qui o
nt couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c'est la règle». Nicolas Sarkozy a déclenché la colère des magistrats, jeudi, au cours d'un déplacement à Orléans, en pointant du doigt les responsables de l'absence de suivi judiciaire de Tony Meilhon, principal suspect du meurtre de la jeune Laëtitia, retrouvée découpée mardi dans un étang près de Saint-Nazaire.
Les magistrats du tribunal de Nantes, où a été traité le dossier du multirécidiviste, ont aussitôt réagi en suspendant sine die toutes les audiences, avant de voter un peu plus tard à l'unanimité «une semaine sans audience». Cette décision, rarissime, a été prise lors d'une assemblée associant tous les magistrats du tribunal, y compris ceux du parquet, hiérarchiquement dépendants du ministère de la Justice et chargés d'appliquer la politique pénale du gouvernement.
Manque de moyens
«Le chef de l'Etat recherche des boucs émissaires mais ces dysfonctionnements sont en lien avec le manque de personnels pénitentiaires et de juges d'application des peines», a réagi Jacky Coulon, secrétaire de la section locale de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). Chez les magistrats, «le mot ras-le-bol est faible, il y a un sentiment d'injustice et de révolte, a également déclaré Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). Tout le monde sait que ce n'est pas une faute qui a été commise. Des choix ont été faits et validés par la hiérarchie (...), il n'y avait pas les moyens de faire mieux».
Dans un communiqué, les magistrats, soutenus par les policiers, exigent donc «l'engagement des plus hautes instances de l'État à ne mettre en oeuvre aucune procédure disciplinaire et la reconnaissance publique que les magistrats et les fonctionnaires ne sont en rien responsables du crime commis à Pornic». Les syndicats ont également indiqué étudier la possibilité d'une action nationale pour la fin de la semaine prochaine.
Lundi, les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont révélé une série de dysfonctionnements dans le suivi de Tony Meilhon, notamment au sein du service pénitentiaire d'insertion et de probation de Nantes. «Débordé», ce dernier, qui ne s'est basé que sur la dernière condamnation du multirécidiviste pour «outrage à magistrat» (et a laissé de côté ses quatorze autres condamnations, dont celle pour viol sur un co-détenu), avait en effet mis de côté le dossier de Tony Meilhon. Depuis sa sortie de prison, en février 2010, ce dernier n'était donc astreint à aucun suivi, contrairement à ce que sa peine exigeait.
Côté police, les premiers éléments de l'enquête de l'Inspection générale de la Police nationale révèlent qu'il n'y a «pas grand chose» à reprocher aux policiers dans le suivi du principal suspect du meurtre de Laetitia.