Le courage de dire, la volonté de faire
Le CNI proteste vivement contre la prise en otage inadmissible des usagers de la ligne A du RER.
« Cette grève est scandaleuse ! La France vit l’une des crises économiques les plus graves de son histoire avec une augmentation massive du chômage, et une catégorie de conducteurs privilégiés ose dans ce contexte douloureux, revendiquer des augmentations de salaires » relève Gilles BOURDOULEIX Président du CNI et Député-Maire de Cholet.
« Il faut rappeler qu’un agent de la ligne A ne conduit que 2 heures 50 par jour, qu’il gagne 3 300 € brut par mois en fin de carrière, que sa journée de travail est de 6 heures 30 mn et qu’il prend sa retraite à 50 ans. Des conditions de travail exceptionnellement favorables qui rend inadmissible et injuste le comportement de ces agents» conclut Gilles BOURDOULEIX.
Des salaires jusqu'à 10 000 euros, la retraite à 53 ans, voire 50 ans, une pension de 40 % plus élevée que dans le privé, un temps de travail largement inférieur à celui de leurs collègues européens, les agents de la RATP ont-ils des raisons de faire grève ? Les usagers et les contribuables savent-ils ce qu’ils payent à la RATP ? Un rapport de la Cour des Comptes dénonce le scandale de la RATP.
Un Rapport de la Cour des Comptes gardé secret, mais dont les principales conclusions sont devenues publiques, met en cause l’organisation et le…train de vie de la RATP, la société des transports parisiens. Des salaires très élevés (jusqu’à 10 000 euros par mois) avec une augmentation de 18.65 % entre 2001 et 2007, la retraite en moyenne à partir de 53,7 ans, les agents parisiens sont nettement mieux lotis que leurs collègues européens. Par comparaison, un jeune conducteur berlinois gagne 1 640 euros brut contre 2 100 euros à Paris pour 1 527 heures travaillées contre 1 286 heures pour un agent de la RATP. Tout cela dans une entreprise qui affiche un endettement de 4,3 Mds d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,6 Mds d’euros en 2007 ! Sur ce chiffre, les recettes du trafic provenant directement de la vente des billets ne représentent que 1,8 Mds d’euros, c’est-à-dire seulement 50 % du chiffre d’affaires de l’entreprise publique. Le reste est complété par des « compensations tarifaires », comprendre des subventions publiques (même les contribuables qui ne prennent jamais le métro sont obligés d’y participer !). Sur ces 3,6 Mds d’euros, les charges de personnel représentent environ 2,2 Mds d’euros, ce qui fait presque 65 % du total des recettes et 123 % des recettes provenant uniquement de la vente de tickets et des abonnements.
Par ailleurs, la réforme des retraites de novembre 2007 n’a pas touché à l’essentiel des avantages qui distinguent les retraites de la RATP :
- La possibilité de départ à 50 ans après 25 années d’activité
- La retraite calculée au taux de 75 % du salaire des 6 derniers mois
Rappelons qu’aujourd’hui, la pension moyenne d’un agent de la RATP est de 1 968 euros alors que dans le privé la retraite moyenne est de 1 240 euros.
Les vrais comptes de la RATP (2007)
Agents actifs : 44 365
Agents retraités : 44 713
Chiffre d’affaires : 3,6 Mds euros
Dont charges de personnel : 2,2 Mds euros
Recettes de trafic : 1,8 Mds euros
Recettes provenant des subventions publiques et des entreprises : 1,8 Mds d’euros
Dette de l’entreprise : 4 ,3Mds d’euros