Le courage de dire, la volonté de faire
Jean-Marie Le Pen a été relaxé jeudi dans un dossier d’incitation à la haine, suite à une affiche du FN sur laquelle on pouvait lire "Non à l’islamisme". Patrick Gaubert, ancien président de la Licra, qui avait porté l’affaire en justice, explique au JDD.fr les raisons de son amertume. Et envisage un pourvoi en cassation.
En octobre dernier, le parquet avait requis contre le président du FN un an d’inégibilité, deux mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende. Mais le tribunal correctionnel de Paris ne lui a pas donné raison, estimant que Jean-Marie Le Pen n'était ni l'auteur, ni le responsable des sites Internet sur lesquels elle a été diffusée et se déclare incompétent territorialement concernant l'utilisation de cette affiche. Mais pour Patrick Gaubert, l’argument ne passe pas: "ll faut savoir regarder une image et ce qu’elle véhicule. Ces affiches sont violemment anti - immigrés. Tout ça est infâme!".
En tout cas, la décision tombe plutôt bien pour le FN, à quelques mois du congrès du parti, le 16 janvier prochain, qui devra désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen, aux mannettes du parti depuis 1972. Mais pour Patrick Gaubert, au contraire, cette relaxe tombe bien mal. "Ça n’arrive pas à un très bon moment, on est en plein dans une période sécuritaire. On n’a pas besoin de ça maintenant. On a besoin de calme et de sérénité", explique-t-il. Et d’ajouter, amer: "Ce n’est pas moi qui suis déçu, ce sont la démocratie et les droits de l’Homme".
Le JDD.fr