Le courage de dire, la volonté de faire
La photo a été prise mercredi dernier, quelques instants après le discours présidentiel. « Je ne suis pas son ami. Il n'est pas mon ami », a souligné Gilles Bourdouleix, à propos de Nicolas Sarkozy, lors des voeux à son conseil municipal samedi soir.
Le maire est revenu sur une visite présidentielle qui l'a hérissé mais qui, convient-il, a mis un coup de projecteur sur la ville.
Profil bas
« Une visite présidentielle, ça n'était pas arrivé depuis 45 ans (et la venue du général de Gaulle, N.D.L.R.) », commence Gilles Bourdouleix. « Quand on m'a informé de la venue de Nicolas Sarkozy, j'ai dit : Cool ! Zen ! J'ai voulu faire profil bas, être discipliné. Je n'ai rien dit. Car rien ne devait remettre en cause cette visite présidentielle. La lumière allait être braquée sur le dynamisme économique choletais. » L'intérêt supérieur de Cholet primait donc. « Les désaccords » avec Sarkozy ? Ravalés. « Les échéances électorales » ? Oubliées. Gilles Bourdouleix, néanmoins, « trouve dommage qu'on ne demande pas au maire de dire quelques mots. Même deux ou trois minutes seulement. C'est la tradition républicaine. Quand Dominique de Villepin était venu, on m'avait accordé douze minutes. J'ai fait douze minutes. Point ».
« Je ne dois rien à Sarkozy »
« Mon ami Christophe Béchu »... Lors de son discours, Nicolas Sarkozy a affiché une grande proximité avec le président du conseil général, tête de liste UMP aux régionales. Le maire de Cholet n'a pas eu droit à tant d'égards... Sarkozy se contentant d'un « monsieur le député-maire ». « Comme quoi, les perceptions peuvent être différentes, réagit Gilles Bourdouleix. Moi je suis content. Je ne lui dois rien, à Nicolas Sarkozy. Car je ne suis pas son ami. Et il n'est pas mon ami. Lui, il me doit deux dimanches, j'ai voté pour lui. »
Grand prince...
« Où est le maire ? » A quelques-uns qui ne l'auraient pas assez vu à la télé ou dans la presse, Gilles Bourdouleix répond : « Il y avait six ministres qui faisaient mur. Et Christophe Béchu aussi. Il valait bien six ministres. Je n'ai pas envie de jouer des coudes pour être sur la photo. Le pouvoir et les courbettes, ça m'est égal. Ce que je fais au niveau national, je le fais pour Cholet. Être le président du CNI (Centre national des indépendants et des paysans), ça fait aussi parler de Cholet. »
Du tac au tac
D'autres sujets ont également interpellé Gilles Bourdouleix. À propos des emplois de la fonction publique, Sarkozy avait lancé : « Depuis 30 ans, les effectifs de l'État ont augmenté de 14 %. Ceux des collectivités locales de 74 % ». « La ficelle est un peu grosse, rétorque le maire. Les années 80, c'était un autre temps. Depuis, des compétences entières sont passées de l'État aux collectivités. » La taxe professionnelle ? « Même s'il faut la réformer, nous ne pouvons pas vivre sans la taxe professionnelle, insiste Gilles Bourdouleix. Les impôts, ce n'est pas prendre de l'argent, c'est répartir l'argent. » L'avenir des collectivités ? « Demandons au peuple de trancher. Par référendum. »