Le courage de dire, la volonté de faire
Au premier Conseil des Ministres suivant les résultats assez désastreux de la majorité, tout le monde avait eremarqué la mine renfrognée du premier ministre !
Le Président en apparté avit intimé l'ordre à son premier ministre d'annuler son passage le soir même au JT de TF1 !
Recadrage, jalousie du président après l'accueil plus que chaleureux des éputés a François Fillon, l'orgueil du chef ? certainement un peu de tout. Mais depuis deux ans le premier ministre sait qu'il n'en a que le nom ! Il le supporte parfois assez mal, car il n'est pas dans son caractère de se faire balotter. Souvenez vous de sa sortie le jour où Jacques Cjirac l'évinça de son gouvernement.
C'était le 1° juin 2005, le nouveau Premier ministre, Dominique de Villepin, consulte pour constituer son équipe gouvernementale. François Fillon n'est pas contacté ni invité à se rendre à Matignon. Pour lui, la mise à l'écart du numéro 2 du gouvernement sortant par l’Élysée et Matignon n’est rien de moins qu’un affront. C’est par un coup de téléphone de Jacques Chirac qu'il apprend qu'« il n'y a pas de place » pour lui au gouvernement. La formule employée est ressentie comme une humiliation pour le ministre et un désaveu explicite. C'est alors que peu de temps après, il déclare à un journaliste du Monde qu'il est le seul à avoir mené neuf réformes législatives (dont les réformes portant sur le RMI, les retraites ou les 35 heures) et que lorsque le bilan du mandat de Chirac sera fait, « on ne se souviendra de rien, sauf mes réformes »
Attendons la suite, car ce climat ne peut durer dans une période difficile où la pré campagne des présidentielles de 2012 va débuter !
Par Bruno Jeudy : lefigaro.fr

Coup de froid entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. À la sortie du Conseil des ministres, les membres du gouvernement les plus expérimentés ont vite conclu que l'atmosphère était glaciale entre le président et le premier ministre. «Le premier a accaparé la parole, le second a été totalement muet», relève un participant. Le couac a, en fait, eu lieu juste avant le Conseil des ministres. Lors de leur tête-à-tête hebdomadaire, le chef de l'État a fait acte d'autorité en demandant à son premier ministre d'annuler son intervention prévue sur TF1 le soir même.
De retour à Matignon, François Fillon s'est exécuté. «Le premier ministre est très sport. Nous allons recaler très vite une autre date avec TF1», ont aussitôt fait savoir ses services. Tandis qu'à l'Élysée, on tentait de minimiser le différend entre les deux têtes de l'exécutif : «Il est préférable d'attendre la semaine prochaine pour intervenir à la télévision afin de répondre à la gauche en cas de motion de censure. Et puis, ce n'est pas la peine que le président et le premier ministre se marchent sur les pieds.» Voilà pour la version officielle.
Car, en fait, le principe de l'intervention du premier ministre avait été décidé en concertation avec le chef de l'État. Un ministre sarkozyste confirme cette version : «Je ne comprends pas le changement de pied de Nicolas. C'est lui qui lui a dit d'y aller. Et maintenant il lui demande d'annuler. Cela énerve Fillon.»
Énerver Fillon ? Il est rentré du Conseil des ministres sans cacher son désappointement. «Il est à cran depuis lundi, confie un de ses amis. On lui refuse sa démission. On ne veut pas de remaniement. On ne lui donne pas un vote de confiance. On lui impose Baroin alors qu'il n'en veut pas. Tout ça va mal finir», avertit un ami du premier ministre. À Matignon, les troupes n'ont plus trop le moral. Chacun a compris que leur patron était en sursis. Qu'il avait été reconduit pour six mois maximum.
À l'Élysée, on a très peu apprécié la séquence parlementaire de mardi : le déballage des députés et l'ovation réservée au premier ministre. «Nicolas Sarkozy a piqué une crise quand il a vu Fillon se faire applaudir debout à quatre reprises par les deputés UMP », explique un sarkozyste. Il est vrai que la succession de sondages désignant Fillon comme un meilleur candidat en 2012 n'a rien pour arranger le climat entre les deux hommes.
Malgré tout, Matignon préférait mercredi soir calmer le jeu. Loyal, François Fillon s'est mis au travail. Avec en ligne de mire : la préparation du «séminaire» des députés et sénateurs UMP convoqués lundi prochain, à la Maison de la chimie, par Jean François Coppé et Gérard Longuet. Un séminaire qui a déjà fait l'objet d'une ferme mise au point du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. L'ami du président a remis les pendules à l'heure sur Europe 1 : «Au lendemain d'un scrutin, toutes les contributions sont naturellement utiles. J'entends bien l'idée de pacte qui est avancée par les uns et les autres, notamment Jean-François Copé. La réalité, c'est qu'il y a un vrai pacte, c'est celui qui a été scellé entre Nicolas Sarkozy et les Français en 2007 et pour cinq ans.» Une manière de remettre à sa place un Copé de plus en plus sûr de lui.