Le courage de dire, la volonté de faire
Avec un déficit d'environ 29 millions d'euros à la fin de l'année 2007, l'UMP a dû serrer son budget. Le parti a notamment été forcé de diminuer les allocations qu'il verse aux clubs politiques qui lui sont liés. Les derniers bilans financiers transmis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) parlent d'eux-mêmes : entre 2007 et 2008, ces subventions sont passées de 4.511.971 € à 3.423.391 €.
Ces aides financières sont réévaluées chaque année par le secrétaire général Xavier Bertrand et le trésorier Eric Woerth. Le grand argentier de l'UMP a d'ailleurs donné l'exemple en réduisant de 79% les subsides accordés à son association, qui avait reçu 55.000 € en 2007 et n'a touché que 11.250 € en 2008.
Parmi les clubs politiques liés à l'UMP qui ont vu leur financement largement amputé, Le Chêne de Michèle Alliot-Marie. En 2008, le réseau de la ministre de la Justice s'est vu priver de l'intégralité des 95.280 € que l'UMP lui avait accordés en 2007. Idem pour Jean-Pierre Raffarin : le club Dialogue et Initiative du vice-président de l'UMP a perdu un tiers de ses aides (de 150.000 € à 100.000 €).
Mais tous les clubs ne sont pas soumis au même régime. Crise ou pas crise, la majorité sait aussi récompenser ses meilleurs éléments. Les subsides accordés au groupe des Progressistes d'Eric Besson ont ainsi été doublées entre 2007 et 2008, passant de 50.000 à 100.000 €. Idem pour le club France 9 emmené par François Fillon, qui a gagné 20.000 € entre 2007 et 2008. Mais la plus grosse subvention reste celle accordée au Parti radical de Jean-Louis Borloo : 1.000.000 € en 2008, soit une hausse de 21%.
Pour expliquer ces choix, l'UMP assure par la voix de son porte-parole Dominique Paillé qu'il existe des «paramètres objectifs» pour déterminer le montant des aides : «Nombre d'adhérents, nombre de travaux, de propositions fournies à la maison-mère…». Mais concède qu'il convient aussi de «tenir compte de l'aspect d'utilité politique» des courants «notamment en terme électoral». Traduire : les groupes les plus prometteurs pour les échéances électorales à venir doivent être soutenus.
Jim Jarassé - Le Figaro.fr