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Le courage de dire, la volonté de faire

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Le Président Sarkozy vu par un ancien ministre britannique pour les américains !


Dans Newsweek  : "Les gros ennuis de Sarko"

Article traduit et  repris par le NOUVELOBS.COM du  24.03.2010
Cet article est publié dans l'hebdomadaire américain Newsweek daté  du 29 mars.


L'heure des adieux n'est peut-être pas encore arrivée, mais après  vingt ans au cours desquels il a paru invincible le président français  Nicolas Sarkozy commence à ressembler à un perdant. Le premier tour  des élections régionales début mars a été l'occasion d'une formidable  déculottée. Comme l'a titré l'hebdomadaire de gauche Le Nouvel 
Observateur, c'est SAR K.O.

Le problème du président est basique : il n'a pas tenu ses promesses.  L'homme est perpétuellement en campagne, frénétique, enchaînant  initiatives après initiatives, en quête des gros titres. Mais la  France veut un président qui s'élève au-dessus de la mêlée, que ce  soit une figure paternelle façon Charles de Gaulle obsédé par la  grandeur de la France (en français dans le texte) ou un courtois  tonton comme François Mitterrand, d'où exsude la littérature et 
l'histoire. De Gaulle a fait de la France une nation moderne et  puissante, Mitterrand en a fait un des pivots de l'Europe. Sarkozy  n'est qu'un simple homme politique dans un pays qui a soif d'hommes  d'Etat.

Sarkozy regorge d'énergie, mais semble incapable d'ordonner ses  priorités de façon cohérente. Il dénonce le capitalisme au Forum  Économique Mondial, mais adore faire la fête avec les oligarques  français hyperriches. Un nombre croissant d'électeurs retraités  voudrait de meilleures retraites et plus de dépenses de santé, et  Sarkozy leur garantit qu'il s'occupera d'eux. Parallèlement, il promet  aux entreprises des allégements de charge, des départs à la retraite  plus tardifs et des services publics plus chers.

Sarkozy a gagné les élections en 2007 en promettant de nettoyer les  rues de la "racaille", au besoin avec un Karcher. Il a lancé un débat  sur l'identité nationale qui a ouvert la boîte de Pandore du racisme  et de la haine anti-musulmane. En réponse peut-être, de jeunes  musulmans furieux continuent de se livrer aux rituels incendies de  voitures, et les idéologues islamistes du pays se manifestent de plus  en plus bruyamment. En foi de quoi, une portion des électeurs 
d'extrême-droite que Sarkozy avait attirée lors des dernières  élections est retournée au Front National, ouvertement anti-musulman.

Les fidèles de son propre parti se sont vus privés de promotions et de  postes, Sarkozy ayant bourré son gouvernement d'outsiders venus de la  gauche ou d'ONG afin de s'attirer les faveurs des médias. Aujourd'hui,  les mécontents de l'Union pour un Mouvement Populaire de Sarkozy se  mettent à se retourner contre leur président, qui semble avoir perdu  de son aura de vainqueur.

En 2007, Sarkozy avait promis d'être le président des droits de  l'Homme, mais pour préserver l'influence de la France en Afrique,  cultiver les relations avec la Chine et remporter des contrats en  Libye, Sarkozy a mis au rencart les ambitions françaises, gardienne  autoproclamée des droits de l'Homme en Europe. Parallèlement, après  avoir décidé le retour de la France au sein de l'OTAN (à la grande  fureur de l'establishment militaro-industriel), il a entrepris de 
vendre des navires de guerre ultramodernes à la Russie  qui venait de  déclarer l'OTAN comme étant son ennemi.

Sarkozy n'a pas joué avec plus de talent la carte européenne. La  chancelière allemande Angela Merkel est saoulée des sermons de la  France sur la nécessité pour l'Allemagne de réduire ses exportations  et de stimuler sa consommation intérieure. Elle appelle aujourd'hui à 
une modification des traités de l'UE afin de permettre l'expulsion de  la zone euro des pays qui manqueraient à leurs engagements en matière  de dette et de déficit. La cible est de toute évidence la Grèce. Mais  la sortie de Merkel est également un défi lancé à la France, qui a  maintes fois transgressé les règles budgétaires imposées par l'Union  
notamment à l'époque où Sarkozy était ministre des finances de Jacques  Chirac.

Paris est nostalgique de l'époque où l'Union Européenne était emmenée  par l'axe franco-allemand, comme ce fut le cas avec Valéry Giscard  d'Estaing et Helmut Schmidt dans les années soixante-dix, Mitterrand  et Helmut Kohl dans les années quatre-vingt, ou encore Chirac et  Gerhard Schröder, lorsqu'ils étaient unis contre la guerre en Irak de  l'axe Bush-Blair. Mais Sarkozy et Merkel ne s'entendent pas. Ils ne  parlent pas le même langage politique et son conservatisme social  teinté d'austérité est à l'opposé de son style hédoniste.

Tandis que Sarkozy s'agite, le nouveau leader du Parti Socialiste,  Martine Aubry, a entrepris de construire son équipe dans le calme.  Cette approche discrète a payé au cours des dernières élections, qui a  vu les Français voter contre un président tout sauf discret. Les  socialistes disposent, en outre, d'une carte maîtresse en réserve. Le  patron actuel du Fond Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn  est un socialiste qui, dans les années quatre-vingt-dix a été salué  comme meilleur ministre des finances du continent. Aujourd'hui, à  l'instar d'un de Gaulle, Strauss-Kahn guette en coulisse, et se  prépare à défier la terne administration Sarkozy à l'occasion des  présidentielles de 2012. Un mauvais score lors d'élections de  mi-mandat où la participation est faible ne constitue pas  nécessairement un indicateur fiable du résultat de futurs scrutins  nationaux. Mais Sarkozy a perdu son invincibilité, et pour les  socialistes français, c'est peut-être ce qui suffira à faire la  différence.

Par Denis MacShane, député travailliste et ancien ministre des affaires européennes du Royaume-Uni.


Traduit de l'américain par David Korn

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P
<br /> La messe est dite.<br /> Belle lucidité de Denis MacShane pour cette excellente analyse d'un Président dont il faut redouter une pathologie grave. Je ne plaisante pas, que diriez-vous de votre voisin, s'il avait un<br /> comportement semblable à celui qui occupe l'Elysée.<br /> <br /> Il ne lui reste que les inconditionnels qui refusent d'avouer leur erreur, les proches conseillers, fayots diplômés sans envergure, des cas d'espèces qui ont prêté allégences comme d'autre le<br /> firent.<br /> <br /> Nous savons que ceci ne peut être éternel. La chute survient systématiquement après une dérive du pouvoir. Je ne voudrais pas être à la place de sarkozy, le jour où simple citoyen il ira au salon<br /> de l'agriculture. N'est pas Chirac qui veut. Il lui restera le château de Carla, si la belle ne le vire pas une fois qu'elle n'en aura plus besoin. Il pourra compter sur ses flics de la<br /> protection rapprochée, des flics pour lesquels il a tout donné et pardonné. Avec les gendarmes...<br /> Sar K.O., le bannissement te guette.<br /> <br /> <br />
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