Trouvé sur le net, sur le " figaro blog" un papier signé d’Yves Thréard daté du 16 mars, qui propose un point de vue intéressant et plein d’à propos sur la situation des pays arabes qui connaissent depuis la fin de l’année 2010, soit quasiment 3 mois, des « révolutions » sous le titre « le 18 brumaire des révolutions arabes »
Son analyse me parait très judicieuse, car il est un fait que l’avenir demeure incertain et peut même inquiéter en Tunisie et en Egypte ceux qui craignent l’arrivée au pouvoir des partisans des extrémistes ou le retour des militaires, qui profiteraient de l’impatience des peuples face à la lenteur inévitable de la mise en place de nouvelles gouvernances menées par des hommes neufs. En ce domaine, encore plus que dans beaucoup d’autres, la génération spontanée n’existe malheureusement pas !
Pour la Lybie, le problème est tout autre, les drames qui se succèdent au Japon, ont jeté un voile sur ce qui se passe en Lybie ! Où Kadhafi, abandonné par la presse, est sur le point de rétablir ses positions d’avant les révoltes. S’il y parvient son pouvoir sera encore renforcé et il pourra en toute quiétude écraser ses rivaux au gré de sa folie mais aussi menacer la sécurité des pays qui comme la France et la Grande Bretagne ont été à la pointe du soutien aux insurgés !
Ce drame lybien a démontré l’incapacité des pays de l’ Union Européenne à s’entendre sur un problème urgent de politique étrangère et dans le même temps confirmer l’inaction chroniquedu « machin » comme le général de Gaulle appelait l’ ONU !
Les occidentaux se fourvoient en poussant les peuples à se battre pour la démocratie dans leurs pays pour les abandonner à leur triste sort quand il y a le feu sur le terrain ! Le retour de manivelle de ces actes de mauvaise politique sera la poussée de l’immigration à laquelle, là aussi, ils seront incapables de répondre !
BB .................................................................
Le 18 brumaire des révolutions arabes ?
Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) a marqué pour certains historiens la fin de la révolution française, lancée dix ans plus tôt. Bonaparte prend le pouvoir, on connaît la suite... L'homme fait partie de la mythologie. Mais peut-on assimiler son règne à une période de liberté ?
Le printemps arabe pourrait connaître le même avenir, le même brumaire, expression tirée par le poète Fabre d'Eglantine du mot "brume". C'est effectivement le cas !
La Tunisie et l'Egypte sont engagées dans un processus constitutionnel, sous le regard de l'armée. Espérons que les aspirations des deux peuples ne seront pas remises en question par l'impatience et les excès de certains groupes, et par le désordre économique créé par l'instabilité politique. Sur ce dernier point, les Occidentaux ne doivent pas ménager leur soutien, nécessaire pour faire barrage à toute tentation de retour en arrière. Lequel n'est pas exclu, sur le mode : "C'était finalement mieux avant ".
L'espoir tué dans l'oeuf ? C'est, semble-t-il, le plus probable à Barhein, où le pouvoir peut se maintenir grâce à la soldatesque des monarchies du Golfe, venue en renfort. Washington a beau envoyer des mises en garde à l'Arabie saoudite, Riyad reste maître de la situation dans la région. Et entend bien le montrer avec force.
Quant à la Libye, elle n'est pas débarrassée de Kadhafi. Inutile de revenir sur la frilosité et les effets de manche de la communauté internationale. Si Kadhafi se maintient, il sera encore plus redoutable. Dans ces deux pays, l'après sera peut-être pire que l'avant...
Yves Thréard