Le courage de dire, la volonté de faire

» Chine : des évêques emprisonnés
» Soudan : le règne de la charia
» Inde-Pakistan : assassinats en série
» Vietnam : sous le signe de la méfiance
Là, ils sabrent le champagne, ici, ils sont dans la disette. Sur les deux milliards de chrétiens qui fêtent Noël jeudi soir - y compris les 215 millions d'orthodoxes même s'ils le célébreront le 6 janvier 2010 - la mémoire de la naissance du Christ suscite une joie unique mais leurs situations politiques sur le globe parcourent toute l'échelle de la liberté. Jusqu'à la privation.
Plus de cent millions de chrétiens, soit 5 % d'entre eux, vont vivre en effet un Noël sous contraintes. Sans oublier que ce calcul ne retient que les pays où la restriction de liberté est visible avec son cortège de brimades publiques, d'emprisonnements ou de violences, à cause de la foi chrétienne. Il n'intègre pas des pays comme l'Arabie saoudite (le pays le plus important fournisseur d'investissements pour la construction de mosquées en France et en europe ! c'est mon rajout ) où toute célébration chrétienne est purement et simplement interdite et où bon nombre d'expatriés, philippins notamment, célèbre un Noël clandestin.
Pour inquiétant que soit le tableau au Soudan, en Irak, au Pakistan, et pour complexe qu'il soit en Chine, il faut relever des signes d'améliorations au Vietnam. Les catholiques y sont devenus la seule force de résistance contre le régime. Un gouvernement qui semble d'ailleurs vouloir composer puisque des relations diplomatiques sont en vue avec le Vatican et l'on va jusqu'à évoquer un voyage du Pape… Améliorations sensibles, également, en Inde où, après une année 2008 dramatique, la situation s'apaise sauf dans les États où le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP) - vitrine politique du mouvement extrémiste hindou - figure dans les coalitions de gouvernement.
Dans son message urbi et orbi, retransmis en mondiovision, vendredi à 12 heures, Benoît XVI abordera sans doute l'une ou l'autre de ces situations. En attendant, beaucoup de regards se tourneront vers Bethléem mais aussi vers la Terre sainte. Mardi, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, y a présenté, comme chaque année, son message de Noël.

Le père Noël n'est pas en odeur de sainteté auprès du Grand Rabbinat en Israël. Comme chaque année, les propriétaires d'hôtels, de restaurants et autres lieux publics ont été prévenus que mieux valait pour eux éviter d'utiliser des sapins, des chapeaux rouges et autres poupées en forme de père Noël dans leur décoration à l'approche des fêtes de fin d'année. Cet avertissement a été assorti d'une menace à peine voilée. «Nous envisageons de rendre publique une liste des établissements qui passeront outre et d'appeler ensuite à les boycotter», a affirmé à la presse Ofer Cohen, directeur du «lobby pour les valeurs juives» du Rabbinat.
Autrement dit, les restaurants contrevenants pourraient se voir retirer leur certificat de «cacheroute» délivré par le Grand Rabbinat, qui vérifie périodiquement que la cuisine servie répond aux strictes exigences des lois alimentaires du judaïsme. Se voir retirer ce précieux document pourrait contraindre des établissements, notamment à Jérusalem, à fermer leurs portes, faute de pouvoir accueillir les juifs observants. À noter que l'offensive du Grand Rabbinat concerne également le réveillon de la Saint-Sylvestre, beaucoup plus fêté que Noël.