Le courage de dire, la volonté de faire
Les craintes que nous évoquions depuis de nombreux mois de voir la France effectuer son retour dans le giron des Etats-Unis, par une simple décision du président de la république française, sont maintenant avérées !
Le 12 mars 2009 restera une date amère dans de nombreux pays du monde et pour les gaullistes qui avaient approuvé la décision du général de Gaulle dans les années soixante de quitter le commandement de l’OTAN. Par cet acte la France renie cinquante ans d’indépendance et d’originalité dans le bloc de l’ouest qui lui donnait une influence particulière et indéniable dans le monde, à l’ONU mais aussi et surtout en Afrique et au Moyen-Orient
En annonçant jeudi dernier dans son discours à l’Ecole Militaire, le retour de la France au sein du commandement de l’OTAN, Nicolas Sarkozy a cédé à l’idéologie atlantiste qui lui tient à cœur.
Et pourtant durant ce demi -siècle la France est restée fidèle à ses alliés de l’OTAN et a participé aux grandes opérations militaires que ce soit en ex –Yougoslavie, au Kosovo et encore aujourd’hui en Afghanistan, où nous laissons de hommes. Mais elle a pu refuser de participer à la seconde guerre d’Irak. Pendant cette période nos officiers et généraux ont assuré des commandements importants, quoiqu’en dise le Président de la République. Nous verrons dans le temps si ce reneiment leur donnera plus de pouvoir !
Même si dans l’immédiat notre force de Frappe reste sous la seule autorité française qu’en sera- t il dans le temps, les américains n'étant pass connu comme très partageurs quand il s’agit de défense ! De plus ne soyons pas naïfs, cette décision va soulever dans le temps quelques questions qui restent sans réponses aujourd’hui et qui sont soigneusement passées sous silence. ! Par exemple qu’en sera-t-il de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, une volonté des américains pour lesquels ce pays, à chevel sur l'Europe et l'Asie, est un pion indispensable dans leur dispositif militaire tant de l’OTAN que des USA.
A tout cela, viennent s’ajouter les difficultés économiques, aec leur corollaire le chômage, que nous connaissons et que nous allons subir encore pendant quelques années, alors était –il nécessaire d’ouvrir un dossier de discorde supplémentaire dans notre pays ?
Enfin cette décision du Président, pose un problème sur le fonctionnement de la démocratie parlementaire dans notre pays ! En effet François Fillon, premier ministre du président Sarkozy ouvre mardi prochain, le 17 mars, cinq jours après l’annonce présidentielle, un débat à l’Assemblée Nationale sur ce sujet du retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN, débat qui doit à sa demande se terminer par un vote de confiance. C'est-à-dire que devant l’importance du problème le premier ministre mais en jeu la vie de son gouvernement alors que la décision est déjà prise ! (gag ou tristesse !)Ou bien est-ce un stratagème déjà utilisé pour le vote de la réforme constitutionnelle de juillet 2008, qui consiste à dramatiser le vote afin que les élus de la majorité défavorables à cette décision s’y résolvent pour ne pas apparaître comme les responsables d’une crise à la tête de l’état à quelques semaines d’un scrutin européen déjà assez mal engagé pour la majorité. Pour ces députés, ce pourrait être un révélateur de la démonstration de leur conviction profonde.
Devant ce spectacle, je pourrais réutiliser un slogan que nous, alors jeunes gaullistes, criions dans les rues au printemps 1958, il est malheureusement toujours d’actualité :
« France mon pays où vas – tu ? »