Le courage de dire, la volonté de faire
Rachid Kaci est le conseiller technique de Nicolas Sarkozy et Président de la Droite Libre
Yazid Sabeg, nommé par le Président Sarkozy commissaire à la diversité, vient de déclarer que “la France était sur la voie de l’apartheid”, en déplorant que les exclus étaient massivement issus des minorités.
Certes, nul ne conteste que le pays se heurte depuis plusieurs années à un grave problème d’intégration avec sa jeunesse d’origine immigrée.
Mais on aimerait qu’un représentant du gouvernement, chargé de promouvoir la diversité, ne mette pas de l’huile sur le feu en usant de comparaisons grossières, qui non seulement ne peuvent qu’attiser la rancœur de nos jeunes, notamment ceux issus de l’immigration mais sont aussi une insulte aux millions de victimes sud-africaines ou américaines qui ont subi naguère la cruauté d’un véritable apartheid.
N’en déplaise à Monsieur Sabeg, nos banlieues ne sont pas le Soweto des années 80 et bien des Sud-Africains aimeraient bénéficier du confort de nos HLM et des droits sociaux accordés aux plus démunis d’entre nous.
Il est facile de se donner bonne conscience en usant de formules chocs, mais le combat pour l’intégration n’est pas le combat pour la liberté que menait Nelson Mandela en son temps, loin s’en faut.
Rappelons à Monsieur Sabeg que nos règles républicaines d’intégration ont parfaitement fonctionné en assimilant des millions d’Européens et qu’elles conviennent encore parfaitement aux Asiatiques et à bon nombre de citoyens d’origine Africaine et Maghrébine, qui caracolent en tête des classements scolaires et atteignent par leur travail les plus hauts sommets de la hiérarchie sociale, sans l’aide d’une discrimination positive quelconque.
Par conséquent, si aujourd’hui une partie de la population peine à s’intégrer, il faut peut être en rechercher la cause non pas dans les manquements de la République ou dans un prétendu racisme ambiant, mais tout simplement dans le comportement de certains qui manquent de volonté et de courage pour s’intégrer.
Car la réussite dans une société moderne n’est pas un dû, elle se mérite. Ce n’est donc pas un discours de victimisation qu’il faut tenir à nos jeunes, mais un discours leur inculquant le goût de l’effort et du travail, car la méritocratie doit rester le critère essentiel de la promotion sociale dans un esprit de justice et d’égalité.
Rappelons que les pays qui se sont engagés dans la voie des quotas ethniques, comme les Etats-Unis, ont rencontré de nombreuses difficultés et connu d’innombrables procès, au point que certains Etats y ont mis fin. La Cour Suprême a d’ailleurs édulcoré l’Affirmative Action dans ce qu’elle avait d’excessif.
N’oublions pas, aussi, que l’égalité républicaine n’est pas un vain mot.
Elle commence avec l’école gratuite pour tous et permet à tous ceux qui en ont le courage et la volonté de bénéficier de bases solides pour s’intégrer dans la société. Ne nous aventurons donc pas dans des filières à deux vitesses, avec, par exemple, des diplômes au rabais qui finiront par marginaliser les bénéficiaires.
L’égalité républicaine, critère non négociable de notre société, ne doit pas se traduire par des passe-droits, elle doit simplement rendre possible la promotion de tous, selon les mérites et les efforts de chacun.
C’est cela la justice sociale, c’est cela que les citoyens attendent.
Rachid Kaci
Président de la Droite Libre