Le projet de Nicolas Sarkozy, d’instaurer « un parrainage d’enfants victimes des camps nazis par des élèves de CM2 » est loin de faire l’unanimité tant dans les milieux politiques de toutes tendances, chez les intellectuels et la presse , ce serait plutôt le contraire si l’on écoute les réactions des auditeurs français sur les chaînes de radio lors d’émissions inter - actives! Nous touchons là à un sujet sensible qu’il faut aborder avec beaucoup de pudeur et une profonde réflexion.
La réaction de Simone Veil montre qu’elle est nettement opposée à cette proposition du président de la république et chacun sait que cette femme est reconnue pour ses prises de positions réfléchies et pourtant elle est une des rares rescapées et donc témoins de ces camps de la mort qui laisseront une marque de honte indélébile sur le front de l’humanité.
J’ai trouvé sur le blog de mon amie Irène Peucelle, présidente de la fédération du Nord du CNI, sa réaction, j’ai souhaité vous en faire part. (vous pouvez avoir accès à son blog en passant par le site www.cni.asso.fr, rubrique « liens utiles » en bas à gauche)
Comme Simone Veil, je pense qu’il est inimaginable, j’ajouterai : « impensable » d’identifier aujourd’hui un enfant de 10 ans à un autre enfant français mort lors de la dernière guerre, victime de la Shoah…
Nous ne pouvons permettre cela et nous associons à la ferme réaction de Madame Simone Veil qui dit : " On ne peut infliger cela à des petits de 10 ans"
Aujourd’hui encore, les anciens déportés ont souvent beaucoup de peine à parler de cette guerre dont ils ont tant soufferts, bien que pour eux il s’agisse ici d’un drame vécu et non d’un récit.
Monsieur le Président, comment réagiront ces familles sans confession, musulmanes ou catholiques quand on demandera à leurs fils ou à leurs filles d’incarner à l’école le souvenir d’un enfant juif, innocente victime martyrisée il y a plus de soixante ans ? Nous pouvons « TOUS » nous interroger !!! N’aggravons pas les antagonismes religieux…
Simone Veil a encore raison lorsqu’elle conseille de laisser les enseignants parler de ces sujets à l’école…
Madame Veil, votre sang s’est glacé lors de ce discours… Le mien également. »
Irène Peucelle - Présidente CNI 59
Ce projet du président de la république pose un autre problème, est-ce le rôle du président d’intervenir directement dans les programmes ou pour le moins dans les activités scolaires. C’est nouveau en France, mais en moins de 10 mois ce sera la deuxième intervention après la lecture de « La lettre de Guy Moquet » La question mérite d’être posée !
A ce sujet le « Journal du Dimanche » de ce jour a interrogé l’historienne Annette Wieviorka qui :
« ...juge le projet de Nicolas Sarkozy «insupportable». «Que l'Etat organise des célébrations, des commémorations, c'est normal. Mais un président de la République n'a pas à faire le métier des enseignants à leur place. C'est insultant», déclare l'auteur de «Auschwitz expliqué à la fille...».
Un nouveau débat est lancé ! Nous sommes en droit de nous poser la question de savoir si ces sujets sont ceux qui préoccupent le plus les français aujourd’hui