Après de longues semaines de tractations entre Hugo Chavez président du Vénézuela, qui vint à Paris rencontrer le président Sarkozy, le président Colombien Alvaro Uribe et les Farcs, deux otages on retrouvé la liberté et leurs proches hier, Clara Rojas qui fut directrice de campagne d’ Ingrid Bétancourt lors de la présidentielle colombienne de 2002 et de Consuelo Gonzales député de ce pays,( sans revenir sur l’histoire dramatique plus que rocambolesque d’Emmanuel, le fils de Consuel conçu et né en captivité, qui devait être libéré avec elles et qui a été retrouvé à Bogota où il était depuis 3 ans après avoir été abandonné blessé et malade par les Farcs !). Elles étaient comme Ingrid Bétancourt détenues depuis six ans. Toutes les femmes et tous les hommes du monde épris de liberté ne peuvent que se réjouir et espérer que ce geste « humanitaire » des Farcs ne s’arrêtera pas là et qu’Ingrid Bétancourt mais aussi les milliers d’autres otages détenus dans la forêt tropicale dans des conditions inhumaines retrouveront eux aussi très bientôt leurs familles et amis.
Au sujet de cette affaire des otages Colombiens détenus par les Farcs j’ai déjà, lors de la visite d’Hugo Chavez à Paris, donné mon avis et fait part de mes espoirs de leur libération mais aussi de mes craintes quant à la méthode particulièrement après l’intervention de notre premier ministre ! Je pense qu’un rappel des faits et de la situation en Colombie et dans cette région d’Amérique du sud où tout bouge, n’est pas inutile et peut compléter les informations souvent marquées du sceau de l’émotion des familles suivi de la récupération politique.
Depuis que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République, la libération de Madame Bétancourt est devenue une priorité de la diplomatie française. Détenue par les Farcs, une guérilla marxiste sanguinaire (a-t-on besoin de le préciser ?!) dans la jungle colombienne depuis près de six ans, Madame Ingrid Bétancourt mène un combat de chaque jour pour continuer à vivre. La preuve de vie récente qui a été adressée à sa famille a bouleversé chacun d’entre nous. Nous avons tous suivi l’appel solennel du Président de la République au responsable des Farcs., et le message de soutien qu’il a envoyé à Madame Bétancourt ainsi qu’aux autres otages, via Radio France Internationale, dont les ondes parviennent jusque dans la jungle.
Néanmoins, si je ne peux, aujourd’hui plus qu’hier, que me réjouir des avancées de notre diplomatie, je dois avouer que certaines réactions me laissent sans voix. Ainsi, on a pu entendre dernièrement certains proches de l’otage, repris en chœur par les media, véritables moutons de panurge de la « bien-pensance », claironner que le Président Colombien, Alvaro Uribe, serait le seul responsable de cette tragédie. Ainsi, par exemple, en novembre, nous avons pu entendre l’ex-mari de Madame Bétancourt multiplier les interventions douteuses : pour lui, Uribe représenterait “l’hypocrisie permanente” alors que “Chavez [lui] est une personnalité haute en couleurs” [sic]. Cette théorie, très en vogue, dans nos fameux milieux intellectuels, relève du manichéisme pur.
Mais ces déclarations fracassantes et d’une mauvaise foi éprouvée ne doivent pas nous faire oublier qu’Alvaro Uribe a été élu démocratiquement en 2002 (Ingrid Bétancourt étant alors candidate s’appuyant sur un discours dur contre la dogue, le terrorisme et les thèses marxistes moteurs de l’action des Farcs) et, de nouveau, en 2006 avec plus de 60% des voix, et qu’il continue d’être soutenu par près de 70% de la population. Population lassée par les guerres, les otages, les Farcs, la drogue, les groupes paramilitaires…qu’Uribe tente courageusement d’éradiquer, malgré l’opprobre des démocrates américains et de notre gauche si politiquement correcte qui aimeraient tant que ce président conservateur s’en aille.
Nos intellectuels et “gentils” diplomates des beaux hôtels parisiens du 6ème arrondissement ne devraient pas oublier qu’Hugo Chavez, qui se targue d’être le libérateur des otages, se veut l’héritier direct de Fidel Castro, crie sa haine de l’Occident (même lorsqu’il est reçu à Paris…) ce que la gauche, il est vrai, apprécie…. rend visite à Ahmadinejad, assène son peuple de discours lénifiants, musèle la dernière télévision libre de son pays et j’en passe…
Après la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzles il me semble qu’Ingrid Bétancourt ne doit pas nous faire oublier les milliers d’autres prisonniers politiques ou autres retenus en otage par cette guérilla marxiste.Qui se souvient de Madame Aida Duvaltier ? Otage franco-colombienne, courageuse mère de famille qui avait pris la place de son mari et qui est, dans l’indifférence générale, morte en 2006… ?